Le Cri des Peuples:Le mépris de Mediapart

Le Cri des Peuples
Le mépris de Mediapart par lecridespeuples Trois articles censurés, aucune justification, aucune réponse. Suite à la publication de mon billet dénonçant la censure injustifiée de trois de mes articles (ou plutôt leur « dé-publication », pour reprendre ce néologisme pudibond et orwellien), j’ai provisoirement cessé mes publications sur Mediapart. Je souhaitais donner à cet article le maximum de visibilité plutôt que de le faire disparaître sous le flot auparavant quotidien des nouvelles publications, et accessoirement donner l’opportunité à Mediapart de réagir à mes demandes d’éclaircissements. Ces trois articles concernaient l’ingérence occidentale en Syrie (un article d’une rigueur toute universitaire, comportant pas moins de 66 notes de bas de page issues des médias mainstream occidentaux les plus prestigieux), les affres des adolescent(e)s transgenres (article rédigé par un militant transgenre) et les accusations contre Joe Biden, ostensiblement ignorées par les médias. J’ai également envoyé ce message courtois à Edwy Plenel, à la Rédaction de Mediapart et au Club Mediapart :Mediapart - Plenel

Sans surprise, je n’ai reçu aucune réponse.

Comme le dit un proverbe polonais, « Le silence est également une réponse. »

Cela en dit long sur le respect de Mediapart pour sa propre Charte (violée par une suppression arbitraire et sans préavis), et pour ses abonnés payants. On croirait le Méprisant de la République vis-à-vis de ses sujets, les « 66 millions de procureurs ».

Le mépris de Plenel pour l’Agence Info Libre s’explique-t-il par leur publication des révélations de Roland Dumas à son sujet ?

Cela n’empêche pas M. Plenel de pourfendre la Russie (qui refuse de traiter l’insignifiant Navalny comme un citoyen au-dessus des lois), de se livrer à des joutes verbales sur Twitter pour des sujets triviaux mais « à la mode », et de se poser en héraut de la liberté de la presse (après avoir publié des articles honteux qui reprennent les éléments de langage de la cabale contre Assange).

Russie: â l’appel de l’opposant emprisonné Alexeï Navalny, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans la plupart des villes. Avec plus de 67 millions de vues sur YouTube, l’enquête «Un palais pour Poutine» déstabilise le pouvoir. @Mediapart https://t.co/MLiBJeTfg0

— Edwy Plenel (@edwyplenel) January 23, 2021

Cher @MehdiElMir vous ne feriez pas un bon enquêteur car votre affirmation est fausse : ce ne sont pas les locaux de @Mediapart. Merci de corriger ou de supprimer. De notre côté, nous passerons le message à nos voisins. https://t.co/Crxa4wwwbW

— Edwy Plenel (@edwyplenel) January 24, 2021

La liberté de la presse est un droit des citoyens et non un privilège des journalistes. Parce que les projets du pouvoir menacent nos droits fondamentaux, nos droit de savoir et liberté de dire, des salarié.e.s de ⁦@Mediapart⁩ ont manifesté ce samedi. Journal citoyen. 👍💪 pic.twitter.com/bOH0kHy75c

— Edwy Plenel (@edwyplenel) January 16, 2021

Quoi qu’il en soit, mon article ayant reçu 86 commentaires et 31 recommandés sur Mediapart, statistiques jamais atteintes auparavant, l’attente n’était pas vaine. J’ai également reçu beaucoup de messages de soutien en privé, faisant état d’une frustration partagée vis-à-vis de cette plateforme jadis réputée.

Je vais donc reprendre la publication de mes articles sur Mediapart, en attendant le prochain acte de censure maintenant inévitable. Et je rappellerai systématiquement, en fin d’article, ce comportement douteux de Mediapart.

Le Cri des Peuples

***

Tel est l’article que j’ai publié ce matin sur Mediapart. Il a été rapidement supprimé, Mediapart ne souhaitant manifestement pas lui laisser la moindre de chance de recueillir autant de soutien que le précédent.

J’ai reçu un nouveau message de dé-publication du Club de Mediapart (qui ne répond jamais aux messages, mais a le couperet facile), m’informant de ceci :

Suspension

C’est un copier-coller des plus vagues recensant une pléthore d’exceptions au droit de la presse, sans la moindre explication articulée qui montrerait en quoi les articles censurés ont violé le moindre interdit. C’est un acte d’une malhonnêteté extrême, qu’on attendrait plus de la part d’un lycéen boutonneux et frustré à qui on aurait accordé un pouvoir de modération que d’un prétendu média libre et respectueux du droit, de la liberté d’expression et de ses lecteurs. Remarquons l’absurdité extrême à laquelle l’impuissance argumentative pousse Mediapart : si j’avais vraiment publié des « propos à caractère raciste, xénophobe, révisionniste, négationniste », des déclarations assimilables à de la « provocation à la violence, au suicide, au terrorisme et à l’utilisation, la fabrication ou la distribution de substances illégales ou illicites », à de la « provocation, apologie ou incitation à commettre des crimes ou des délits et plus particulièrement des crimes contre l’humanité » et même des « contenus pédo-pornographiques » (référence aux photos officielles de Joe Biden censurées par Twitter), aurai-je dû être censuré partiellement, banni un mois ou signalé à la justice et mis en examen ?

Il est clair que c’est surtout la dénonciation d’Edwy Plenel qui a déplu : car malgré la gravité des délits et crimes allégués que je viens de mentionner, c’est bien par le respect du à M. Plenel que Mediapart a commencé, rappelant qu’il est interdit de recourir à des « Insultes, invectives, injures, harcèlement, dénigrement et propos de nature diffamatoire, envers tout contributeur comme envers Mediapart et sa rédaction. […] Sera considéré comme du dénigrement toute contribution ayant pour objet d’attaquer la réputation d’un participant, de médire sur son compte, d’en parler avec malveillance, et de manière répétitive. » Je suis prêt à parier que rien que le titre de l’article et la photo d’illustration constituaient déjà un arrêt de mort, avant même le contenu somme toute inoffensif de l’article. Il est donc interdit de médire de M. Plenel, même en pointant du doigt, par des termes mesurés, sa part d’ombre et ses contradictions. Le « fait du prince » à l’état pur, comme le disait un commentaire publié sous mon article que je n’ai pas eu le temps de sauvegarder. Remarquons l’ironie de se voir donner des leçons de « respect et politesse » par des gens qui violent leur propre Charte, censurent arbitrairement sans la moindre justification a priori ou a posteriori et ne prennent même pas la peine de répondre aux messages les plus courtois.

Je suis donc banni pour un mois de Mediapart, ne pouvant bien sûr plus rien y publier, mais je me vois également interdit de toute participation par des commentaires sur d’autres articles ; pis encore, ma « messagerie » interne me permettant d’échanger avec les autres membres de Mediapart, y compris mes contacts, est bloquée, si bien que je ne peux même pas les alerter. Quand Mediapart vous fait taire, c’est pour de bon : vous n’existez même plus. Et les lecteurs n’ont aucun moyen de savoir si vous êtes en vacances ou si vous êtes censuré, alors que Mediapart pourrait aisément l’indiquer sur les blogs et comptes suspendus.

Je prends ça comme une quatrième médaille, pour reprendre les mots d’un ancien abonné de Mediapart désabusé. Je ne répondrai évidemment pas à l’invitation finale de résilier mon abonnement, ce qui serait rendre service à Mediapart : je préfère rester jusqu’à ce que ces apologistes des groupes terroristes en Syrie, adulateurs de Biden, pourfendeurs d’Assange & admirateurs du folliculaire Navalny se démasquent tout à fait. Je continuerai à y publier dès que je le pourrai, et j’y dénoncerai leurs abus tant que ce me sera possible.

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